Étude Finance · Comprendre pour décider

Point mort

Des explications concrètes pour Amazon FBA, Shopify et les indépendants.

Le point mort est la date à laquelle l’activité atteint son seuil de rentabilité sur une période donnée. À cette date, le résultat retenu dans le calcul est nul : les produits couvrent les charges fixes et les charges variables. Le seuil de rentabilité peut être exprimé en chiffre d’affaires, en nombre d’unités ou, pour une activité régulière, en durée. En dessous, l’activité est déficitaire selon le périmètre retenu ; au-dessus, elle dégage un résultat positif, toutes choses égales par ailleurs.

La marge sur coûts variables unitaire est égale au prix de vente unitaire retenu moins les coûts variables unitaires. Le seuil de rentabilité en unités se calcule ainsi : charges fixes de la période divisées par la marge sur coûts variables unitaire. Cette formule suppose un produit homogène et une marge positive. Pour plusieurs produits, il faut utiliser une marge moyenne pondérée selon le mix de ventes, ou calculer le seuil de rentabilité en chiffre d’affaires à partir du taux de marge sur coûts variables.

Le point mort en jours peut être estimé par la formule suivante : seuil de rentabilité en chiffre d’affaires divisé par le chiffre d’affaires prévisionnel de la période, multiplié par le nombre de jours de la période. La formule fondée sur les unités est également valable si le rythme de vente, le prix et le mix de produits restent constants. Elle ne donne pas une date fiable lorsque les ventes sont irrégulières ou saisonnières.

Dans l’exemple, le prix de vente est de 40 euros HT, le coût variable unitaire de 28 euros HT et les charges fixes mensuelles de 2 400 euros. La marge sur coûts variables unitaire est de 12 euros. Le seuil de rentabilité est donc de 2 400 divisés par 12, soit 200 unités, correspondant à 8 000 euros HT de chiffre d’affaires. Si 300 unités sont vendues de manière régulière sur 30 jours, le point mort intervient après 200 divisés par 300, soit deux tiers de la période : environ le 20e jour. À 300 unités, le résultat simplifié est de 300 multipliés par 12, moins 2 400, soit 1 200 euros avant les éléments exclus du calcul, notamment impôts, intérêts et éventuelles charges non intégrées.

Dans cet exemple, 12 euros représentent 30 % du prix de vente HT de 40 euros. Il s’agit d’un taux de marge sur coûts variables rapporté au prix de vente, et non nécessairement d’une marge commerciale au sens comptable. La majoration rapportée au coût variable est de 12 divisés par 28, soit environ 42,86 %. Le coût variable total pour 300 unités est de 8 400 euros ; il ne faut pas le confondre avec le coût unitaire de 28 euros.

Pour Amazon FBA, Shopify ou un indépendant, il faut classer chaque coût selon son comportement réel et selon la période étudiée. Le coût d’achat des produits, les commissions par commande, les frais de paiement et certains frais d’expédition sont généralement variables par rapport aux ventes. Un abonnement de plateforme, une partie des logiciels, certains frais de stockage, les salaires et le loyer peuvent être fixes ou semi-fixes. La publicité peut être variable, fixe ou discrétionnaire selon le mode de pilotage ; elle ne doit pas être classée automatiquement. Les frais Amazon et Shopify dépendent notamment du pays, du plan, de la catégorie, du mode d’expédition, du volume, des retours et des tarifs applicables à la date du calcul.

Le calcul doit être réalisé sur une base cohérente. Lorsque la TVA est récupérable, les produits et charges sont généralement analysés hors taxe. Lorsqu’elle n’est pas récupérable, la taxe supportée peut faire partie du coût économique et doit être intégrée selon le régime applicable. Le résultat ne doit pas mélanger des ventes HT avec des coûts TTC. Le traitement de la TVA, les taux et les obligations dépendent du pays et du régime fiscal de l’entreprise.

Le point mort ne mesure pas la trésorerie. Une activité peut avoir un résultat positif tout en ayant une trésorerie négative à cause d’un achat de stock, d’un décalage entre encaissements et paiements, de retenues par une marketplace, de remboursements ou d’investissements. Il faut donc compléter ce calcul par un plan de trésorerie. Le résultat dépend aussi du périmètre choisi : amortissements, rémunération du dirigeant, cotisations sociales, frais de retour, pertes, impayés, intérêts et impôts doivent être inclus ou exclus explicitement.

Contenu pédagogique : les exemples sont illustratifs. Les frais et règles applicables dépendent de votre situation, de votre pays et de la période.

Sources à consulter